PARLONS FRANCO... PHONIE avec Jean-Marc et Martine Fritsch

(Pionniers en francophonie dans l’implantation d’églises avec une vision du Royaume de Dieu)


R.N.C. : Jean Marc et Martine, personnellement, comment vivez-vous ce temps de pandémie ?

Une semaine après un séjour dans les Iles de l’Océan Indien, nous étions confinés et tout un programme de déplacements annulés pour 2020. Rapidement Martine a été sollicitée pour travailler avec une équipe à créer du matériel de formation et de prévention de la COVID pour les pays du Sud. Matériel qui a été rapidement traduit dans des langues locales. En France, nous avons démarré des « Zoombinaires » pour répondre à la demande de formation sur les « groupes de découverte ». Puis nous nous sommes beaucoup investis dans l’accompagnement des personnes qui démarrent ces groupes sans oublier nos voisins! Et aujourd’hui que ce soit en France ou en Afrique, nous entendons que des personnes redeviennent des témoins de Jésus dans leur quartier, leurs cercles relationnels, que de nombreux nouveaux groupes démarrent avec des personnes qui ont rencontré Jésus ces derniers mois.


R.N.C. : Les médias français nous parlent peu de la situation en Afrique francophone, qu’en est-il ?

Certes le nombre de décès dus à la COVID en Afrique jusqu’à ce jour est moindre que celui que nous expérimentons en Europe. Mais nous devons rester conscients des impacts à long terme. La COVID-19 change et remet en question la santé mondiale.

Les retards de diagnostic et du traitement de maladies non transmissibles (diabète, hypertension…), les vaccinations manquées, feront reculer les progrès en matière de santé en Afrique. Le nombre de décès dus au SIDA, paludisme, tuberculose pourrait doubler dans les douze mois à venir, à moins que des mesures urgentes ne soient prises.

La COVID-19 a poussé des millions de personnes supplémentaires dans l'extrême pauvreté qui pourraient mourir de la faim en 2021.


A ceci se rajoute des conflits souvent meurtriers, d’ordre politique ou religieux tel au Burkina et en Cote d’Ivoire où la situation est explosive


R.N.C. : Vous prônez le développement global mais est-ce toujours d’actualité?

Plus que jamais! En Côte d’Ivoire par exemple, nos amis et collaborateurs que nous n’avons cessé d’accompagner ont formé des disciples à utiliser les outils visuels de prévention COVID et à visiter les familles, les aidant également à l’installation de stations de lavage des mains, à la fabrication locales des « cache-nez » (lire masques). Des agents de santé communautaire partagent le message de l’Evangile. Des églises ont démarré dans des endroits très résistants jusqu’alors. Mais aussi le nombre de malades de la COVID n’a pas été celui que l’on aurait pu craindre.

Par exemple, à Madagascar, des cultivateurs ont suivi une formation en agriculture "intégrale". A la Réunion, nous accompagnons un projet naissant de "pépinière d’entreprises" à avoir une a vision intégrale.


R.N.C. : Vous avez passé plusieurs années à Madagascar, quelle est la situation sanitaire dans ce pays ?

La COVID a certainement eu un impact sur la santé globale comme nous l’avons mentionné. Actuellement le port du masque n’est obligatoire que dans la capitale. Cependant, le manque d’accès aux soins de santé de base, le stress lié à la survie quotidienne, l’impact des "tabous" (fausses croyances) ont plus d’impact sur la santé que la COVID.


R.N.C. : Quels pays francophones allez-vous visiter en 2021?

Dès que cela sera possible pour nous et pour nos amis sur place, nous irons en priorité dans les pays où il était prévu de nous rendre ce dernière semestre 2020: Burkina, Cote d’Ivoire, Sénégal, Togo et nous retournerons dans les Iles de l’Océan Indien pour le réseau mis en place et qui se développe fortement.

A défaut de prendre l’avion, nous sommes en contact très régulier avec les personnes que nous avons formées depuis des années. Nous sommes encouragés de voir dans bien des endroits ces personnes former elles-mêmes d’autres qui elles-mêmes reproduisent ce qu’elles ont appris. Les concepts de "l’appropriation communautaire" et de "l’utilisation des ressources locales" sont essentiels dans le développement intégral.


R.N.C. : Qu’aimeriez-vous dire à nos lecteurs?

Nous devons tous être conscients de ce que le St Esprit est en train d’accomplir mais aussi comprendre l'impact futur de la COVID-19. Afin que guidés par de vraies informations, inspirés par notre forte espérance et travaillant surtout de manière créative et collaborative, nous puissions apporter une contribution importante partout où Dieu nous a placés sur la planète Terre.

Cherchons également à savoir ce que les médias ne nous diront jamais pour avoir une perspective du Royaume qui grandit. Par exemple: dans les pays du Sahel, dont la majorité sont francophones, d’incroyables mouvements de multiplication de disciples se répandent notamment parmi les Peuls, les Touaregs… au Burkina, Niger… (x100, x60, x30 comme Jésus l’avait annoncé dans la 1ère parabole du Royaume. Lorsque vous rencontrez ces personnes, vous êtes impressionnés de leur vie de prière, de leur foi et courage. Ils sont nos héros!

© RNC Francophonie

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