PARLONS FRANCO…PHONIE avec Jean-Elie Teferi



Pasteur à Millau, en Ariège et à Toulouse. Membre de l’équipe RNC initiative


RNC : Bonjour Jean Elie, merci de répondre à notre invitation. Vous êtes né en Ethiopie en 1957, après l’Arménie c’est la deuxième nation chrétienne la plus ancienne au monde. C’est un pays laïque ou de nombreuses croyances coexistent, quels souvenirs avez vous de votre jeunesse et avez vous reçu une éducation religieuse?

Je suis né en 1957 à Addis Abeba, la capitale d’Ethiopie, j’ai quatre sœurs et deux frères dont je suis l’ainé. Mon père était un homme de foi et il nous encourageait à aimer et à craindre le DIEU de la bible. Pendant mon enfance, le weekend, il nous racontait des histoires sur les personnages bibliques. Je me rappelle aussi d’avoir accompagné ma mère dans une église orthodoxe.


RNC : A 24 ans vous dites avoir fait une véritable rencontre avec le Christ, que s’est-il passé?

Après le coup d’état du Négus, le gouvernement militaire était communiste marxiste et tous les opposants étaient tués systématiquement. Toute la population était terrorisée, les gens se dénonçaient par jalousie et tout le monde espionnait tout le monde. Le couvre feu était à 21heures, les jeunes et les universitaires étaient considérés comme des ennemis et la foi chrétienne était interdite. Tous les soirs les gardiens de la révolution faisaient du porte à porte pour chercher les personnes qu’ils soupçonnaient d’être anti-révolutionnaire afin de les mettre en prison ou les exécuter. On appelait cette démarche la « terreur rouge » et on ne savait pas à quel saint se vouer pour échapper aux délations.

C’est pendant cette période d’angoisse et de terreur que j’ai rencontré des jeunes qui m’ont parlé de Jésus et que j’ai eu le privilège et l’honneur de l’accepter comme Seigneur et Sauveur. A cette même période un réveil spirituel avait éclaté en Ethiopie, j’ai vu à maintes reprises toutes sortes de miracles (des aveugles voyaient, des sourds entendaient, des démons étaient chassés, des paralytiques marchaient etc..) en parallèle beaucoup de bâtiments d’églises étaient confisqués et les chrétiens étaient persécutés et emprisonnés.


RNC : A 25 ans, après des études en génie civil votre père vous envoie en France, quelle était sa motivation?

Depuis l’âge de 10 ans je pratiquais les arts martiaux et à 23 ans j’avais ouvert une école de karaté, dans la salle du gymnase du lycée français où j’avais fait mes études (il y avait une centaine d’élèves qui fréquentaient cet établissement). Le gouvernement militaire de l’époque obligeait les jeunes à faire la guerre contre l’Erythrée et voulait que je forme les recrues à mon sport favori. C’est à cette époque que mon père a tout arrangé pour que je vienne en France. J’avoue que la situation politique m’avait motivé à quitter mon pays et je suis donc arrivé en France Le 7 janvier 1983 en tant qu’étudiant.


RNC : Plus tard, vous rejoignez une église à Toulouse ou vous découvrez « la délivrance » qui deviendra votre fil rouge jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi attachez vous autant d’importance à ce domaine?

A mon arrivée en France, j’ai rencontré des étudiants chrétiens qui m’ont entouré et accompagné dans une église pentecôtiste, dans le quartier de bagatelle à Toulouse.

La délivrance et la prière pour les malades que j’ai vu dans cette église ont ravivé chez moi le souvenir du réveil dans le pays de ma conversion.

Un jour, un couple de responsables engagé dans la délivrance m’a interpelé, me disant que j’avais un appel sur ma vie et ils m’ont proposé de me former. C’était l’exaucement de ma prière secrète… quelle joie ! Ma formation a duré cinq ans.

Le domaine de la délivrance est très important pour moi car j’ai constaté que 75% du ministère de Jésus était axé sur l’expulsion des démons. A mon avis une des clefs du réveil dans la francophonie est le fait de comprendre le mystère de l’iniquité et le combat spirituel.


RNC : On vous retrouve ensuite dans « l’Equipe Néhémie » au côté de Philippe Joret et vous commencez à visiter la francophonie, le Canada, le Rwanda, l’Egypte… Pourquoi un tel engagement?

A l’époque l’équipe Néhémie était pionnière concernant la vision de la francophonie. Les nations francophones avaient une telle importance dans le cœur de l’équipe qu’une école missionnaire a été créée. Un budget avait été spécialement dédié pour visiter ces pays et établir un partenariat avec plusieurs églises francophones comme au Rwanda, en Egypte ou au Canada. Le but était aussi de mutualiser la prière, l’intercession et « l’échange d’onction » en vu d’un réveil dans la francophonie.


RNC : Vous êtes africain, pasteur en France depuis de nombreuses années et vous allez régulièrement à Montréal. Quelle est votre analyse de l’Eglise québécoise?

Venant d’un pays africain non francophone, je suis missionnaire en France depuis 1990 au service de la francophonie, et je visite en effet fréquemment plusieurs églises au Québec dont je vois le progrès évident. Il y a une soif et une recherche du St Esprit qui augmente de plus en plus à Montréal alors je prie tous les jours pour un réveil pour la France et le Québec.


RNC : Pour finir cet entretien, comment voyez vous l’avenir de la francophonie africaine?

Je remarque que de plus en plus de serviteurs africains francophones s’investissent dans la prière et l’intercession pour voir le réveil en France et dans leur pays.


RNC : Merci Jean Elie