PARLONS FRANCO...PHONIE avec Elvire Dieny

Mis à jour : mars 28

Pasteure, co-présidente de Tikkoun, directrice de Réveillez Les Héros, responsable de la Maison d’Elie (Maison de Prière à Genève), et co-directrice de l’école Melkisedek.


RNC : Bonjour Elvire, vous étiez médecin maintenant vous êtes pasteure, vous êtes semble-t-il très attirée par des vocations au service de l’humain. Soigner son prochain c’est une culture ou un appel ?

Disons que le service de Dieu, c’est une culture familiale, le soin aux personnes, plutôt un appel. Et finalement, j’ai trouvé le moyen de réconcilier les deux ! J’ai hésité plusieurs années entre l’accomplissement de cette vocation à l’hôpital ou dans l’église. L’église l’a finalement emporté. J’ai aimé soigner les personnes dans leurs combats face à la maladie physique, mais j’ai fini par être passionnée de voir Dieu guérir les maladies de l’âme et de l’esprit.


RNC : Vous avez quitté une mission pour une autre, vous pensez être plus utile à la société aujourd’hui ?

Ah! Ah! La question qui tue ! J’aurais été très « utile » comme médecin. Je le suis tout autant lorsque j’aide une personne à revenir à la vie, à bâtir des relations constructives, à se rouvrir à une destinée dans laquelle tous ses talents peuvent être libérés. Je le suis quand mon enseignement permet à des personnes de choisir un style de vie qui amène le royaume de Dieu tout autour d’eux. Je le suis encore dans notre maison de prière, à l’image des pères du désert qui étaient persuadés que les combats qu’ils remportaient dans la prière depuis le fond de leurs grottes, changeaient les extrémités du monde.


RNC : On vous connaît et on vous apprécie aussi comme conductrice de louange, quelle place à la musique et l’adoration dans votre vie ?

L’adoration, c’est la place où tout en moi s’ouvre à la vie de Dieu, et où tout en Dieu s’ouvre pour la vie du monde. Je ne conçois pas la vie sans une relation forte avec Dieu, une amitié de tous les jours, un quotidien où Dieu se sent chez lui et où il peut faire au travers de moi à peu près tout ce qu’il voudra. C’est beau mais exigeant, alors avoir du temps pour le louer derrière mon piano, seul ou avec tous ceux qui le veulent, me recentre. D’ailleurs depuis quelques mois, je fais des veilles en ligne sur un groupe privé que vous pouvez trouver sur Facebook : Sentinelles 24/7, alors bienvenue !


RNC : La guérison intérieure est une partie importante de votre ministère pastoral, pensez-vous comme certains, qu’il suffit d’un stage d’une semaine pour se lancer dans cette aventure ?

En une semaine, on acquiert quelques principes et quelques outils qui nous aideront à prier avec quelqu’un qui passe par un temps un peu difficile. Mais le domaine de l’âme et de l’esprit est vaste, complexe et surprenant. Lorsqu’il y a de vraies blessures et de vraies cassures, c’est un défi. Là il faut une formation de qualité, à la fois théorique et pratique, psychologique et spirituelle, et théologique aussi. A Tikkoun, nous recevons régulièrement des personnes à qui on a vanté sans résultat une méthode-miracle et qui arrivent déçues, anxieuses et désemparées. Un peu d’humilité suffirait à éviter ce genre de choses.


RNC : Vous êtes très impliquée dans « Tikkoun », le « Tikkoun olam » voulant dire en hébreu « La réparation du monde », le projet peut paraître très ambitieux… quels sont vos objectifs ?

Ce nom est une confession de foi : nous croyons que Jésus est venu réparer, restaurer le monde brisé par la chute et que cela a déjà commencé. Alors nous relevons le défi de la guérison et de la transformation des personnes mais aussi des communautés par son nom. Oui c’est très ambitieux, mais nous célébrons chaque résultat et chaque victoire comme une semence qui se multiplie, et comme une réalité de la nouvelle création inaugurée par Jésus. Comment procédons-nous ? Une personne après l’autre, une communauté après l’autre, plus une, plus une, et encore plus une...


RNC : Tikkoun travaille au Congo RDC en collaboration avec d’autres œuvres, particulièrement pour la réconciliation après des conflits inter-ethniques, quelles sont vos expériences les plus marquantes et quels sont les projets ?

C’est Cathy Froehlich qui est responsable de cette partie du travail pour Tikkoun. L’un des temps forts des voyages rassemble des leaders de communautés pour des temps de partage, de guérison et d’enseignement. Cela permet de semer auprès d’eux les bases d’une vision du royaume de Dieu où il y a de la place pour chaque tribu, chaque peuple et chaque langue de la terre. Ils commencent à voir que Dieu les a tous créés et prennent conscience que le projet de Dieu a été détruit par la méchanceté et la haine. Une équipe les accompagne dans tout un processus de mise en lumière de ce qu’ils ont vécu. Ils peuvent raconter leur histoire, dire leurs blessures, dénoncer les injustices. Chaque parti le fait, en clouant sur une croix en bois des papiers sur lesquels ils ont écrit ou on écrit pour eux ce qu’ils veulent dire. A la fin, ils découvrent qu’ils se retrouvent tous autour de la même croix, symbole du même Jésus qui est mort pour eux tous. On prie beaucoup pour que l’amour et la guérison viennent les toucher. C’est inimaginable de voir comment les personnes les plus blessées peuvent être rencontrées par Dieu et choisir de pardonner Ils ne peuvent plus être des pourvoyeurs de haine, et ils choisissent l’amour. Ces personnes changent la vie de leurs communautés et de leurs villages.

A l’heure actuelle, l’insécurité ne permet pas d’organiser de telles rencontres avec des européens. Mais ceux qui ont été formés organisent eux-mêmes sur place de tels séminaires, ce qui permet à ce travail de se poursuivre.


RNC : Est ce que Tikkoun organise des formations en France afin d’agir en Afrique francophone ?

Toutes nos formations sont ouvertes à tous les francophones. Actuellement, toutes nos formations sont sur zoom ! D’ailleurs ce dimanche, nous accueillons sur zoom un couple qui travaille avec les enfants des rues à Dakar, pour qu’ils puissent partager leur cœur pour la mission avec les jeunes entre 15 et 30 ans que nous suivons dans le cadre de Réveillez les héros.

Et puis cette semaine, nous entamons aussi une formation au débriefing qui a pour but de former de petites équipes pour des débriefings de crise pour des personnes qui ont vécu des situations traumatisantes. Notre équipe a vraiment un cœur pour les nations en général et les francophones en particulier, en Afrique mais aussi sur les autres continents.