PARLONS FRANCO…PHONIE avec David Rouxel

David Rouxel pasteur à Cauffry dans l'Oise


RNC : Bonjour David, après un master en plasturgie, vous avez repris l’entreprise familiale de nettoyage et en 2000 vous quittez tout pour servir Dieu, vous aimez le changement et les défis ou vous vous surprenez vous même ?

Certes il y a les études, les formations etc. mais venant d’une famille d’entrepreneurs, j’ai toujours appris à être polyvalent et à privilégier le relationnel. Alors dès que ma relation avec Jésus est devenue la priorité de ma vie, je me suis mis à sa disposition. Une décision pas si facile à prendre car je n’étais pas seul, il y avait aussi Corinne (mon épouse) et 4 enfants à l’époque (5 actuellement). Mais pour notre couple cet engagement fut un véritable pas de foi.


RNC : En 1997 c’est en regardant un documentaire sur Sœur Emmanuelle que votre vie été complètement bouleversée, que s’est –il passé ?

A une époque où extérieurement tout pouvait sembler aller bien, un vide en forme de Dieu se manifestait de plus en plus en moi. Malgré ma recherche de Dieu dans une église protestante évangélique que ma mère fréquentait et ma lecture de la bible, ma relation au Père n’était pas satisfaisante. Mais un jour en regardant une émission de Bernard Pivot, j’ai été très impressionné par la façon dont son invitée parlait de Jésus ; c’était Sœur Emmanuelle. Son regard exprimait vraiment l’amour qu’elle avait pour son Sauveur. Le lendemain, j’ai fait une simple prière : “Seigneur, le Jésus que connais cette femme, je veux le connaître !”. De suite mon être fut rempli de Sa présence, et ma conversion fût immédiate. La grâce de Dieu a permis que ma femme se convertisse une semaine plus tard.


RNC : Aujourd’hui vous êtes le pasteur d’une église multi-ethnique (une douzaine de nations) à Cauffry dans l’Oise, vous semblez dire que c’est un avantage, pourquoi ?

Pour moi, l'église est avant tout une famille. Mais force est de constater qu’aujourd’hui les familles sont de plus en plus métissées et c’est aussi vrai pour nos communautés. Je veux croire que Dieu utilise cela pour que nous puissions nous focaliser, non pas sur notre propre culture, mais sur celle du Royaume. Et en travaillant la culture du Royaume, nous apprenons à apprécier celle des autres. Les repas communautaires et les agapes mettent en évidence la multiplicité des saveurs et des couleurs et symbolisent une formidable diversité. En bon français, nous savons aussi que la table est un vrai lieu de relation, voire de réconciliation !


RNC : Vous dénoncez aussi le néo-colonialisme, l’esclavage traditionnel, pouvez- vous préciser votre point de vue ?

L’Histoire nous rappelle que la cupidité a toujours entrainé les hommes dans l’injustice et l’avilissement. L’argent donne un certain pouvoir et la colonisation a soutenu un système qui conduit dramatiquement à l’esclavage. Certes, si les occidentaux sont passés maîtres de la contrainte et de la soumission, il est notable qu’ils ont su aussi transmettre ce fonctionnement à une élite africaine. L'Afrique aspire à une autonomie, mais garde trop souvent des procédés qui asservissent. Enseigner les principes du Royaume de Dieu doit être la priorité de l’Eglise, et cette dernière est appelée à les mettre en pratique dans toutes les nations. Oui, faisons de toutes les nations des disciples !


RNC : Vous avez rejoint en 2016 le réseau nouvelles connexions pour quelles raisons ?

La « Maison Du Père » a fait connaissance avec le Réseau Nouvelle Connexion en étant dans la Famille Horizon. Les valeurs et le modèle innovant du fonctionnement en réseaux correspondaient à ce que nous recherchions. Au fur et à mesure, des rencontres RNC, des relations se sont tissées et notre assemblée y a trouvé sa place. Tous les projets dans l’Economie Sociale et Solidaire m’ont apporté une vraie réponse et une source d’inspiration. J’ai aussi apprécié la gestion et la place d’un conseil apostolique, avec l’implication des différents ministères pour édifier les saints. Je suis surtout très heureux que la relation soit plus importante que la structure, ce qui est la marque d’un véritable esprit de famille.


RNC : En 2019 vous regardez un autre documentaire et cette fois c’est sur le Congo (RDC). Sans hésiter, vous décidez de prendre l’avion et d’aller voir ce qui s’y passe. Vous pouvez nous dire la suite ?

Netflix n’a pas que du mauvais, il y a aussi de bons documentaires. City of Joy est un documentaire dur à voir, mais si inspirant avec l’action du Dr Mukwege. Nous avons fait ce visionnage avec ma femme, en préparant un repos sabbatique de trois mois qui était prévu début 2019. Résultat : Nous nous sommes demandés si nous ne devions pas aller au Congo RDC pour servir là-bas. Oui… mais comment ?

En partageant notre questionnement avec Murielle Vernaud Friedman, il ne nous a pas fallu longtemps pour faire partie d’une mission de la Fondation Jacques Vernaud à Kinshasa. Arrivés sur place, Corinne et moi avons visité de grandes églises, et mené une action médicale dans la ville de Maluku.

A notre retour avec Jamie et Murielle Friedman nous avons créé une association pour soutenir les actions de la Fondation.


RNC : Vous travaillez en collaboration avec Murielle Friedman - Vernaud la présidente de la fondation Jacques Vernaud. C’est une œuvre qui vous tient très cœur, pourquoi?

La fondation Jacques Vernaud est avant tout familiale et j’aime les familles. J’ai découvert au travers de Jacques Vernaud un missionnaire peu connu en Francophonie, alors que son œuvre apostolique est encore très importante au Congo. La vie cet homme de Dieu est un véritable roman, sa vision était celle d’un pionnier que rien ne pouvait arrêter. Il a laissé en héritage une grande œuvre pour le Royaume de Dieu au Congo. Il est à l’origine de :

  • La radio « Parole Eternelle » qui diffuse l’évangile sur tout Kinshasa

  • L'hôpital “La Borne”, qui est le premier à avoir créé une mutuelle

  • Une école “La Borne” (de la primaire au lycée).


RNC : Murielle Vernaud à un projet pharamineux et pas ordinaire, avoir un bateau humanitaire sur le Congo, vous pouvez nous en dire plus ?

La vision de la fondation est d’apporter des soins aux personnes vivant sur le bord du fleuve Congo. Et particulièrement pour répondre à un besoin en ophtalmologie. Pour cela plusieurs choses sont à mettre en place :

  • FORMER DES OPHTALMOLOGUES : Jusqu’à présent, un médecin exerçant sur le terrain a pu réaliser de nombreuses petites chirurgies de l'œil. Notre ambition à court terme est d’acquérir l’équipement nécessaire pour entreprendre la chirurgie de la cataracte, et pour former d’autres ophtalmologues à cette chirurgie salvatrice.

  • DONS DE LUNETTES : En France, l’association collecte des lunettes usagées qui peuvent, pour certaines, être distribuées à des patients nécessitant la même correction. Dans la plupart des cas, les patients choisissent une ou deux montures pour que des verres adaptés à leur vision soient fabriqués, montés et livrés contre une participation symbolique.

  • NAVIGUER SUR LE FLEUVE CONGO : Nous souhaitons sans plus attendre naviguer sur le fleuve Congo pour atteindre des populations plus reculées pour lesquelles l’accès aux soins est compliqué. Nous avons aussi à cœur d’annoncer le message du Royaume de Dieu et la guérison en Jésus-Christ.