PARLONS FRANCO…PHONIE avec Cyriaque N’Dickini

Mis à jour : avr. 17

Pasteur de l’église « Espace Vie Chrétienne » à Orléans et Ingénieur en informatique


RNC : Bonjour Cyriaque, vous êtes originaire de la Centrafrique où très jeune, vous avez fait une expérience avec Dieu, que s’est-il passé ?

Né dans une famille chrétienne, j’avais l’habitude d’accompagner mes parents chaque dimanche à l’église par tradition et obéissance. Un jour, j’ai été invité dans un groupe de prière de jeunesse où j’ai fait ma première expérience avec le Seigneur. Touché par son amour au travers la prédication, j’ai pris la résolution de donner ma vie à Jésus et aussitôt, j’ai reçu le baptême du Saint Esprit


RNC : A 13 ans vous avez fait votre première campagne d’évangélisation, étiez vous un enfant prodige ? Comment l’avez vous vécu ?

L’histoire a commencé lorsque j’étais en 5ème, pendant un cours d’économie familiale, une élève de ma classe a fait une crise d’épilepsie. J’étais un jeune chrétien zélé et j’avais hâte de vivre la manifestation de la puissance de Dieu. Après avoir fait sortir tous les élèves de la salle de classe en attendant l’arrivée des sapeurs-pompiers, j’ai demandé au professeur si je pouvais prier pour la jeune fille. Surpris par mon courage et mon enthousiasme, le professeur a fini par me dire oui après quelques minutes d’hésitation. C’était un jour glorieux car la jeune fille a reçu une guérison instantanée suite à ma prière de foi. Au vu de ce miracle, plusieurs élèves de ce célèbre établissement ont donné leur vie à Jésus. Quelques mois plus tard, j’ai décidé d’organiser une campagne d’évangélisation avec l’accord de la direction, ensuite j’ai instauré pour la première fois dans ce lycée un groupe de prière dénommé : Union des Jeunes Chrétiens (UJC)


RNC : Votre père est mort dans des conditions effroyables, pouvez vous nous en parler ?

La mort subite de mon défunt père a été l’épouvantable épreuve de ma vie. En 2018 alors que j’étais à Cotonou (République du Bénin) pour mes études, j’ai appris la nouvelle de l’assassinat de mon père. Etant Directeur Général au ministère du Tourisme centrafricain, mon père était en charge d’un grand projet de construction, celui d’un complexe touristique financé à hauteur de 400.000.000 de francs CFA (environ 900.000 euros). Son opposition face au détournement de fonds dudit projet pour le gouvernement de l’époque, lui a valu la mort.


RNC : Aujourd’hui vous êtes pasteur, missionnaire, ingénieur dans une entreprise et marié avec 2 enfants… Comment arrivez vous à gérer votre temps et est ce un modèle à suivre ?

J’avoue que ce n’est pas une chose facile…

Mes fonctions d’ingénieur m’occupent énormément, car je travaille entre 8 heures à 9 heures en moyenne par jour. Ensuite, il faut s’occuper de la famille sans oublier les obligations du ministère. Je m’efforce continuellement à chercher un équilibre de vie, mais j’avoue que cela n’est pas toujours facile…


RNC : Revenons à la Centrafrique, où la situation est toujours instable et dramatique. Dans un avenir proche pensez vous qu’il puisse y avoir une solution politique pour ce pays et qu’en est-il des églises ?

Concernant la situation en Centrafrique, je suis toujours optimiste, car il y a un temps marqué pour chaque chose. J’ose croire que le temps de Dieu arrive pour la nation Centrafricaine : la dernière élection en est une preuve. Je pense que la première solution est tout d’abord une prise de conscience des centrafricains face à la corruption, au tribaliste, au népotisme et à la guerre. Les églises sont actuellement sur le point de s’unir au-delà des différences doctrinales pour former un bloc afin de contribuer au développement de la nation.


RNC : La Centrafrique a d’énormes besoins, mais vous avez implanté une église (multiculturelle) à Orléans pourquoi ce choix ?

Il est écrit dans Prov 19 :21 : Il y a dans le cœur de l'homme beaucoup de projets, Mais c'est le dessein de l'Eternel qui s'accomplit.

J’aime énormément la Centrafrique, mon pays d’origine, mais il a plu à Dieu de m’établir en France, plus précisément à Orléans. Cela n’a pas été mon choix, mais celui du seigneur. Car j’ai toujours été à son service et mon désir est d’accomplir continuellement sa volonté. Je suis toujours prêt à aller là où Dieu m’envoie…


RNC : Vous continuez à visiter différents pays comme le Bénin, le Togo le Congo… quelle est votre vision concernant la francophonie et quels sont vos projets ?

Compte tenu des phénomènes sociaux, économiques, politiques et environnementaux auxquels notre société est confrontée de nos jours, l’église doit pouvoir y apporter des solutions concrètes et tangibles. Je travaille depuis quelques années sur un projet dans certains pays de la Francophonie, concernant la création d’un centre chrétien et d’actions sociales capable de nourrir, vêtir, soigner, loger et accompagner ceux qui en ont besoin.