PARLONS FRANCO…PHONIE avec Alain Rindel

Dernière mise à jour : 13 oct. 2021



Pasteur

Membre de la commission RNC Francophonie et… Trompettiste


RNC : Bonjour Alain, avec un père pasteur, on peut dire que « vous êtes né dans l’église » mais accepter Christ a été une évidence ou un cheminement difficile ?

Bonjour Robert ! Oui, je suis né au Tréport, en Normandie, au sein d’une famille chrétienne, unie. Mon papa était pasteur dans cette ville, exerçant un ministère d’évangéliste et de nombreux miracles accompagnaient la prédication de l’Evangile. À l’âge de deux mois, j’ai été touché par la maladie : une coqueluche accompagnée d’une double broncho-pneumonie et la mort me guettait. Mon père m’a pris dans ses bras et à prié la prière de la foi : j’ai été instantanément délivré ! J’ai grandi dans cette atmosphère de foi et dans la crainte du Seigneur. Ces graines, plantées dans mon cœur, ont levé et porté leurs fruits. J’ai répondu à l’appel de Dieu, suite à un message portant sur La Croix. Ce n’était pas mon père qui prêchait… une semaine après mon baptême d’eau, je recevais un puissant baptême du Saint-Esprit.


RNC : Quelle a été votre première rencontre avec l’Afrique ?

Un jour, mon père invita deux personnes : Raymond Favre, missionnaire au Congo, et Célestin Mépé, un serviteur de Dieu africain. C’est la première fois que je voyais une personne d’une couleur de peau différente de la mienne. Ils sont venus avec un projecteur et un film qui nous a plongés dans la réalité de ce que le Seigneur réalisait dans ce pays lointain : des foules s’approchaient de Dieu et des guérisons spectaculaires se déroulaient devant la caméra. Des paralytiques jetaient leurs béquilles et marchaient, des aveugles voyaient, des sourds entendaient, des foules se donnaient au Seigneur et étaient baptisées dans le fleuve… mon cœur d’enfant a été touché et l’Afrique est entrée dans mon cœur…


RNC : Vous étiez avec Mathée, votre épouse, dans l’Education Nationale depuis près de vingt ans quand vous avez décidé de « rentrer dans le ministère » et quelques temps plus tard vous avez pris la succession pastorale de votre père à Fontenay-Sous-Bois (94). Pourquoi un tel choix et est-ce que la transmission familiale a été facile ou un véritable défi ?

C’est dans un camp de jeunes, qu’en 1981, à Garnetot, nous avons répondu, Mathée et moi, à l’appel du Seigneur nous invitant à Le servir. Quelques années plus tard, nous avons pris la décision ferme de démissionner de l’Education Nationale et de nous lancer par la foi dans une aventure pleine de défis, mais passionnante : celle de servir le Seigneur à plein temps. En 1987, nous prenions la place de nos parents, en route pour leur retraite administrative en Normandie. Cela n’a pas été pas facile de succéder à un ministère mûr, établi depuis plusieurs années, nous qui étions jeunes, sans trop d’expériences… mais, l’appel de Dieu était notre motivation et Son secours quotidien nous a gardés debout.


RNC : En 1991 vous êtes parti en Roumanie (Pays membre de l’OIF - Organisation Internationale de la Francophonie) avec Jean-Marc Potenti et Michel Valente, à quelles réalités avez vous été confrontés ?

Nous sommes partis deux années de suite, en 1991 et 92, accompagnés d’étudiants qui faisaient une formation de six mois à Montauban. C’était après le règne de Nicolae Ceausescu. Nous apportions des médicaments, des vêtements et nous avons visité plusieurs églises, partageant tour à tour la Parole de Dieu. Nous avons rencontré beaucoup de pauvreté. Les étagères, dans les magasins, étaient vides ou presque. Les routes étaient en très mauvais état… nous avons côtoyé un peuple encore marqué par la dictature communiste sous Ceausescu, mort en 1989. Dans les églises, les chrétiens nous ont reçus avec beaucoup de joie et d’honneur dans leurs foyers. Ils avaient soif de Dieu et demandaient Sa bénédiction au moyen de la prière. Des vies résignées, marquées par la religiosité, mais des cœurs simples ayant soif de liberté !


RNC : En 1994 et pendant quelques années, vous étiez très engagé au Cameroun, Pouvez-vous nous partager les points forts de cette aventure ?

Nous avons effectué une dizaine de voyages d’environ un mois chacun au Cameroun, à partir de septembre 1994. Dieu nous a permis de rencontrer un homme-clé dans ce pays, l’apôtre Samuel Nzié Obaker. Des portes se sont alors ouvertes dans plusieurs milieux d’églises tels que l’Eglise Apostolique, l’EMEC (Église Messianique Évangélique du Cameroun), la Vraie Église de Dieu, l’Église du Plein Évangile, etc… Nous avons eu le privilège d’être invités à partager des enseignements dans le cadre de rencontres pastorales, au sein d’Ecoles de Formation Biblique… L’Eglise, au Cameroun, était très divisée à cette époque où nous la visitions… Le Seigneur nous avait préparés en nous donnant ce cœur pour l’unité et la réconciliation. Presqu’à la fin de sa vie, Papa Obaker me témoignait de son désir de rencontrer les serviteurs de Dieu avec qui la communication avait été difficile dans le passé. À genoux, ils se sont demandé pardon et se sont réconciliés devant Dieu. Ils nous ont tous quittés à présent … mais les églises ont commencé à travailler ensemble…


RNC : Vous avez souvent invité des membres de votre communauté à partager votre vision et partir avec vous en mission, pourquoi ?

Effectivement, à chaque voyage que j’entreprenais, je prenais avec moi une petite équipe de quatre à cinq personnes. Elles prenaient des semaines sur leur temps de congés annuels et payaient leurs billets d’avion, aller et retour. Je les invitais, sur place, à prendre part au ministère et la journée commençait par un moment de louange, de méditation, de prière… Au contact des chrétiens de toutes ces églises visitées, ces personnes ont vu leur cœur « se dilater », s’embraser pour la mission lointaine et ne sont jamais revenues telles qu’elles étaient parties. Elles servent le Seigneur avec force au sein de l’église locale, et c’est encore le cas aujourd’hui. Elles ont porté des fruits au loin et ont été les témoins de choses surnaturelles que le Seigneur accomplit lorsque nous obéissons à Sa voix ! Imaginez leur retour au sein de leur famille spirituelle !


RNC : Vous avez toujours été très investi dans l’implantation des écoles chrétiennes dans la francophonie et aujourd’hui vous enseignez les enseignants. Pourquoi un tel engagement ?

Nous avons pu rencontrer, dans notre parcours avec Dieu, des gens « dangereux » tels que Luc Bussière, Pierre Cranga… qui ont été merveilleusement utilisés par le Seigneur pour nous transmettre cette vision de l’Education Chrétienne. En 1993, nous avons pu créer l’Ecole Privée Timothée, de la Maternelle jusqu’au CM2. En 1994, nous avons ouvert un Collège, allant de la 6ème à la 3ème, pour trois années. Mathée m’a accompagné plusieurs fois au Cameroun et aussi aux Antilles et en Guyane, pour communiquer cette vision de l’Education Chrétienne. En 2015 et 2019, j’ai été invité à donner un enseignement dans le cadre d’une formation dispensée par l’ACSI (Association internationale des écoles chrétiennes) sous l’impact de Daniel Neuhaus, d’Anne-Marie Jayet et de David Kanga. Cette formation a lieu en Côte d’Ivoire et réunit des formateurs de plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest. Le thème partagé était basé sur le Leadership. Pourquoi un tel engagement ? : 2 Timothée 2 : 2.


RNC : Alain, une dernière question : Vous êtes connu pour être un excellent trompettiste, quelle est la place de la musique dans votre vie et est-ce que vous emmenez votre instrument en mission ?

J’ai grandi dans un foyer où la musique tenait une grande place. Dès notre plus jeune âge, notre papa, musicien lui-même, nous faisait écouter de la musique, jouait du piano et du violon et chantait… comment sortir indemne de tout cela ? À l’âge de 13 ans, j’ai commencé à suivre des cours particuliers de trompette et, trois ans plus tard, j’ai profité de mon entrée à l’Ecole Normale d’instituteurs pour passer le concours d’entrée au Conservatoire National de Région de Rouen. J’ai suivi les cours jusqu’en classe Préparatoire Supérieure. Pour moi, ce don, qui vient de Dieu, je le crois, m’aide à Le louer, L’adorer… J’aime aussi beaucoup jouer avec d’autres musiciens pour entraîner l’auditoire dans la louange.

Pour ce qui est de prendre mon instrument en mission, j’en ai un mauvais souvenir : en 1992, je suis parti en Côte d’Ivoire avec le pasteur Philippe Pluym. Nous avions pris nos instruments, lui, son saxo soprano et moi, une trompette. Nous avons joué avec les musiciens et le groupe de louange à Daloa. À notre retour sur Paris, j’ai retrouvé ma trompette écrasée dans mes bagages ! Elle avait été mise en soute … Désormais, en mission, je sonne de la trompette, avec comme instrument… la Parole de Dieu…!!!🎺🎺🎺