Point Flash

Burundi

Surprise, surprise !

Après cinq ans de tension entre le Burundi et le Rwanda, contre toute attente les ministres des affaires étrangères des deux pays se sont retrouvés au poste-frontière de Nemba le 20 octobre. Les deux chefs de la diplomatie, avaient pour but de normaliser les relations des deux états voisins avec la volonté de résoudre leurs nombreux différends. Le président du Rwanda Paul Kagamé, avait tendu la main à son vis à vis burundais à plusieurs reprises, mais sans réponse jusqu’à ce jour !

Les incertitudes de l’espoir

Après cinq ans de crise politique mortifère, les burundais espéraient un peu de paix avec l’arrivée du nouveau président Evariste Ndayishimiye, mais depuis plusieurs semaines le pays subit des attaques armées venant de la RDC via le lac Tanganyka. Mi-septembre, le groupe rebelle burundais RED-Tabara a revendiqué une série d’attentats dans le pays faisant 40 victimes parmi les forces de sécurité et la ligue de la jeunesse du parti au pouvoir.

Alain-Guillaume Bunyoni, une investiture pour un "dur"

Après la mort inattendue du "guide suprême" le nouveau président Évariste Ndayishimiye s’inscrit dans la continuité du système bâti par son prédécesseur Pierre Nkurunziza et impose Alain-Guillaume Bunyoni au poste de Premier ministre. Ce dernier considéré comme l’un des faucons de l’ancien régime, inquiète et alarme ceux qui espéraient voir un changement de cap à la tête de l’État burundais.

Évariste Ndayishimiye élu président

Le général Ndayishimiye, 52 ans, succède ainsi au président Pierre Nkurunziza. Au pouvoir depuis 2005, celui-ci avait décidé de ne pas se représenter pour un quatrième mandat, et l'avait adoubé comme son "héritier" Le 20 mai, il a été élu président avec 68,72% des voix. Le principal candidat de l'opposition, Agathon Rwasa, réunit 24,19% des voix.

L'Église catholique du Burundi n’a pas manqué de dénoncer "beaucoup d'irrégularités" : "Nous déplorons beaucoup d'irrégularités quant à la liberté et la transparence du processus électoral ainsi qu'à l'équité dans le traitement de certains candidats et des électeurs", a déclaré le président de la Conférence des Évêques catholiques du Burundi, Mgr Joachim Ntahondereye.

4000 fosses communes

Selon TV5MONDE, mise sur pied en 2014, à la suite de l'accord d'Arusha sur la réconciliation datant de l'an 2000, la Commission Vérité et réconciliation (CVR) affirme avoir recensé plus de 4000 fosses communes, et avoir identifié à ce jour plus de 142.000 personnes tuées ou portées disparues, un bilan encore provisoire. Plus de 140 000 personnes ont été tuées ou portées disparues lors des différentes crises dans ce pays.

Surprise : le président tient parole mais…

Pierre Nkurunziza  ne se représentera pas pour un quatrième mandat en mai. Le général Evariste Ndayishimiye a été désigné pour être le candidat du parti au pouvoir dimanche 26 janvier.  Certains veulent y voir un signe d’espoir, alors que d’autres pensent qu’il n’y aura pas de changement de régime mais juste un changement de personne. Ces derniers ont peut être raison puisque Pierre Nkurunziza a été désigné, à jamais, seul « visionnaire permanent » et président du conseil des sages du parti CNDD-FDD.

Pierre Nkurunziza grand maître du suspens

Le 21 décembre le président burundais, Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, a réaffirmé qu’il ne briguera pas un quatrième mandat le 20 mai 2020 : « Cette fête est ma dernière (avec vous ici), l’année prochaine à la même période ce n’est pas moi qui prendra la parole, vous serez en train de faire une cérémonie pour un nouveau chef d’État , Je vais vous demander une chose : multipliez par trois auprès de mon successeur la fidélité et l’engagement que vous m’avez manifesté au cours de ces 15 dernières années », a-t-il lancé. L’opposition ainsi que de nombreux diplomates pensent que pour être crédible et à deux mois du dépôt des candidatures il serait peut être bien qu’il dévoile le nom de son dauphin. Les burundais seront ils surpris d’être surpris ?

L’émissaire de l’ONU rentre chez lui…

L’émissaire de l’ONU pour le Burundi, le Burkinabé Michel Kafando a annoncé qu’il quittait ses fonctions. Avant de partir il a aussi dénoncé la « montée de l’intolérance politique » dans le pays et espère de tous ses vœux que les élections de 2020 soient « transparentes ». Après 2 années à ce poste L’émissaire a déclaré que « La situation au Burundi demeure tendue », et que le Burundi connaît une « montée de l’intolérance politique et des atteintes aux libertés civiques et politiques » il a souligné d’autre part que « Des élections mal organisées et contestées, sont toujours source de conflit ».

Pour essayer de ne pas rester sur un point négatif, Michel Kafando a précisé que la situation sécuritaire s’était améliorée en notant que le gouvernement avait mis en place « un cadre de dialogue politique ». Alors que « le dialogue inter-burundais sous les auspices de la Communauté d’Afrique de l’Est n’a toujours pas eu lieu, quatre ans après son lancement » tout en soulignant une détérioration continue de la situation socio-économique ce qui selon lui est malgré tout fort regrettable.

Les Nations Unies s’inquiètent

La signature d’un accord prévoyant le rapatriement des réfugiés burundais depuis la Tanzanie pose question. Peut on croire que la paix est revenue au Burundi même si les autorités des deux pays (Burundi – Tanzanie) l’assurent ? A quelques mois de nouvelles élections générales qui doivent avoir lieu au Burundi en mai 2020, la signature d’un accord prévoyant le rapatriement des réfugiés burundais depuis le sol tanzanien est prévu à partir du 1er octobre. Cette décision inquiète le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) : « Si la sécurité s’est globalement améliorée, le HCR estime que la situation au Burundi n’est pas, à l’heure actuelle, de nature à encourager les retours. Le HCR appelle les Etats à s’assurer qu’aucun réfugié ne soit renvoyé au Burundi contre son gré. » Sur environ 400 000 Burundais réfugiés dans les pays de la région, la moitié environ se trouve en Tanzanie, et principalement dans la région de Kigoma, au bord du lac Tanganyika.

Relations très tendues entre le pouvoir et les évêques

Selon le magazine « Jeune Afrique »

A la suite d'un message pastoral lu dimanche dans toutes les églises du pays, les autorités burundaises accusent les évêques catholiques de "cracher leur venin de haine", quand ils  rapportent l'intolérance et les violences politiques, à moins d'une année de la présidentielle de 2020. La brutalité dénoncée semble aller jusqu’aux meurtres et serait fondée sur des mobiles politiques. "Certains évêques devraient être défroqués" a tweeté Willy Nyamitwe, conseiller principal du président en matière de communication. Il est vrai que certains groupes, qualifiés de milices par l’ONU sont aussi accusés d’être au cœur du système répressif en étant aux côtés de l’armée, de la police et du service national de renseignement.

Richesse et corruption

Bien que le Burundi n'en ait pas profité jusqu'à présent, sa position géographique en fait une plaque tournante commerciale régionale. Le pays possède d'importants gisements de cuivre, de cobalt et de nickel, largement inexploités. L'infrastructure se détériore gravement et a besoin d'être réparée. Transparency International considère le Burundi comme l'un des pays les plus corrompus d'Afrique subsaharienne en raison du népotisme et de la corruption.

Répression ordinaire

La répression se poursuit en toute impunité depuis 4 ans. Les passages à tabac, les disparitions continuent à être la norme dans le pays. Malgré cela Pierre Nkurunziza a été réélu pour la troisième fois à la tête du pays. L’exode de milliers de burundais continue en se dirigeant vers la RDC et le Rwanda. Le huis clos devient inquiétant puisque la plus part des organisations internationales ont quitté le pays.

© RNC Francophonie

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