Point Flash

Bénin

Les présidentielle du 11 avril

Patrice Talon a annoncé sa candidature pour un deuxième mandat alors qu’il avait déclaré en 2016 vouloir n’en faire qu’un. Il semble que l’homme a pris goût à la toute-puissance et aux… privilèges ! "La bonne gouvernance nous a permis d’avoir des richesses pour commencer à construire sérieusement notre pays, ce que la démocratie n’a pas amené, ce que les libertés n’ont pas suffi à amener", a déclaré le chef de l'Etat devant la presse.

L’opposition y voit la marque évidente d’autoritarisme et accuse le président d'avoir créé de toute pièce un tribunal spécial, pour éloigner ses principaux adversaires de la vie politique.

Quand les talons claquent, l’esprit se vide!

A cinq mois de la présidentielle, la société civile et l’opposition accusent Patrice Talon d’avoir tout planifié pour choisir ses adversaires et dénoncent une démocratie qui chancelle depuis son arrivée au pouvoir. Non seulement ses adversaires déplorent la révision constitutionnelle qui les exclue des élections mais plus grave encore, la Cour Africaine des Droits de l’Homme vient de rendre un nouvel arrêt contre le Bénin. En effet le Président est accusé d’engager le pays dans un virage autoritaire et sans opposition. Quand les talons claquent, l’esprit se vide disait le maréchal Lyautey.


Le CADHP a rendu un nouvel arrêt contre l’Etat béninois, dénonçant plusieurs violations des droits humains et ordonnant l’annulation de plusieurs réformes constitutionnelles à cinq mois de la prochaine élection présidentielle. Elle estime aussi que le Bénin a violé « le droit à la vie, le droit de ne pas être soumis à la torture et le droit au respect de la dignité inhérente à la personne humaine », pendant la période de crise post-électorale des législatives de 2019 où plusieurs manifestants ont été tués par des tirs à balles réelles.

Une nouvelle tentative de coup d’État?

Sur la base de rumeurs persistantes il semblerait qu’un putsch (avorté) a bien eu lieu au Bénin, fin juin. Neuf personnes, parmi lesquels le garde du corps du fils de l’ancien président Mathieu Kérékou, ont été arrêtés avant d’être présentés à la cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Les personnes impliquées seraient des militaires, mais pas des hauts gradés.

Le Président Patrice Talon exerce sa grande autorité…

Malgré le Covid-19 et les appels de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples à suspendre le scrutin, les béninois étaient appelés à voter aux municipales en mai. Au dire de certains, le droit de se présenter ressemblait à un parcours du combattant ce qui n’a pas empêché les partis pro-Talon de confirmer leur suprématie… Au point de se demander si l’opposition aura un candidat aux présidentielles de 2021. 

"Dans ce pays qui se considérait autrefois comme l’un des chantres de la démocratie africaine, on ne peut plus parler de pluralisme, s’inquiète Kine Fatim Diop. Lors des élections législatives de 2019, deux partis seulement ont pu participer et ils soutenaient le camp présidentiel."

L’ambassadeur de l’Union européenne obligé de faire ses valises et de partir du Bénin

Accusé d’ingérence dans les affaires de politique intérieure et d’activités « subversives » par le gouvernement de Patrice Talon, l’ambassadeur Olivier Nette qui était aussi chef de la délégation de l’UE à Cotonou a quitté le pays pour Bruxelles fin novembre. Les raisons réelles de cette expulsion ne sont pas connues à ce jour, secret diplomatique oblige !

Lionel Zinsou ne vaut plus un sou

Lionel Zinsou, l'opposant béninois  arrivé second à la dernière élection présidentielle, a été condamné début août par le tribunal de Cotonou à cinq ans d'inéligibilité et six mois d'emprisonnement avec sursis pour usage de faux documents et dépassement de frais de campagne. Le banquier d’affaires et économiste franco-béninois, ancien premier ministre qui vit en France, sera donc inéligible  pour toutes les élections à venir en République du Bénin.  Certains comme le magazine « Jeune Afrique » se demande qui veut sa peau !

Des violences dans le nord du pays

Des violences ont éclaté lundi 10 juin à Tchaourou,  après l'arrestation de deux personnes. Selon le magazine Jeune Afrique, le 28 avril jour des élections législatives pour lesquelles l’opposition n’avait pas été autorisée à participer, des violences avaient déjà eu lieu dans cette commune d’où est originaire l’ancien président  Boni Yavi.

Crises politiques

C’est d’abord la bataille pour la présidence de l’assemblée nationale qui est déclarée. En effet la nouvelle assemblée béninoise issue du scrutin très controversé du 28 avril auquel aucune liste d’opposition n’a participé doit être officiellement installée le jeudi 16 mai.

Ensuite, on peut se demander si le président Patrice Talon a vraiment voulu faire arrêter l’ancien président, car Thomas Yayi lui même a interpellé les instances internationales en déclarant la possibilité d’une guerre civile.

© RNC Francophonie

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